MR PORTER
Mr Douglas Booth, The Look

Cinq ans après sa première apparition dans MR PORTER, l’acteur britannique joue les modèles dans certains de nos pièces préférés de printemps.

La première chose que vous devriez savoir sur Mr Douglas Booth est qu’il est en fait un bon gars. Et si ça n’est pas une surprise pour vous, eh bien, peut-être que ça devrait l’être. Après tout, les qualités qui sont présentes en abondance en lui – la chaleur, l’humilité, et un véritable sens des responsabilité sociale – ne sont pas nécessairement ce que vous attendriez d’un acteur précoce de 23 ans qui a passé les cinq dernières années à être courtisé par les studios de cinéma et convoité par les adolescentes. Comme l’avait dit Jeremy Langmead notre rédacteur en chef en 2011, quand Mr Booth jouait les modèles pour MR PORTER, "On pourrait s’inquiéter que la puissante combinaison d’une absurde bonne apparence, d’un talent et d’un charme… pourrait se révéler fatale pour quelqu’un de si jeune".

Ses derniers rôles à l’écran ne lui brossent pas exactement une lumière rose non plus. On pourrait pointer la brève apparence du chauffard/tueur d’enfants, Anthony Marston, dans la récente adaptation de ‘And Then There Were None’ d’Agatha Christie; ou son rôle de Titus, le rejeton d’une super race extra-terrestre dans ‘Jupiter Ascending’; ou dans ‘The Riot Club’ (2014), où il joue un lord en devenir Harry Villiers, l’un des membres important d’une fraternité amoral basé sur la vie lâchement réelle du Bullingdon Club de l’université d’Oxford.

Quelle agréable surprise, d’apprendre que le vrai Mr Booth n’a rien à voir des canailles et des méchants qu’il s’est montré efficace à jouer à l’écran. Comme pour le prouver, il prend le rôle de l’un des plus beaux mecs de la littérature: le soft Mr.Bingley, le meilleur ami de Mr. Darcy dans la dernière adaptation au grand écran d »Orgueil et Prejugés’. A l’affiche dans les cinémas ce Février, ‘Pride + Prejudice + Zombies’ promet de fournier une double dose de sensations fortes et d’entrailles dans une époque victorienne, tout en offrant, espérons à ses spectateur une leçon sur l’importance de ne pas juger un livre par sa couverture – ou, en effet, un film par son titre.

Cela peut encore se révéler difficile. Profondément sous les dalles de la cathédrale de Winchester où elle gît enterré, vous pouvez presque entendre la pauvre Jane Austen se retournant dans sa tombe. Ou peut-être qu’elle approuverait? Mais ‘Pride + Prejudice + Zombies’ comporte beaucoup plus que le titre sensationnel voudrait vous faire croire. Basé sur le bestseller de Mr Seth Grahame-Smith (2009 New York Times), auteur aussi d’un autre mash-up historique ‘Abraham Lincoln: Vampire Hunter’, l’adaptation cinématographique dispose d’un scénario rédigé à l’origine par le réalisateur nommé aux Oscars, David O. Russel et comme producteur exécutif Natalie Portman, tandis que face à la caméra on a une brochette de talent britannique tel que Lily James et Matt Smith – que Booth considère comme des amis proches. "C’était une production tapageuse" dit-il. "Nous avons eu un moment fantastique – et c’était très agréable de jouer quelqu’un qui n’était pas fourbe, pour une fois".

C’est avec les plus grandes excuses à Booth – qui, nous devons le dire à nouveau, est un grand très sympa- que nous avons contribué à cette image de mauvais garçon qu’il a en quelque sorte réussi à cultiver en jouant encore une autre méchant. Dans son dernier reportage photo pour MR PORTER, fait à Florence presque cinq ans après son dernier, il joue le rôle d’un voleur gentleman: une sorte de Thomas Crown de nos jours. Stylistiquement, c’est un concentré de tout ce que nous pensons avoir représenter au cours des cinq dernières années: intemporelle, ancrée dans les codes traditionnels de style masculin, mais avec un œil fixé solidement sur l’avenir. (Plus un chapeau melon ou deux jetés (???) pour faire bonne mesure). Appelez ça un retour à nos valeurs fondamentales- ou un rappel, peut-être, qu’elles n’étaient jamais vraiment parties.

"Le monde tourne en rond, en particulier dans la mode" songe Booth en prenant un thé dans le récemment ouvert Soho House 76 Dean Street. Il regarde par la fenêtre du dernier étage, à travers la ville et pense aux cinq dernières années, qui l’ont vu grandir depuis ses débuts dans Burberry – il est apparu dans les campagnes de la marque en 2009 et 2010 aux côtés d’autres talents en plein essor: Emma Watson et Rosie Huntington-Whiteley – à l’une des stars britannique les plus banquable. Est-il soulagé de laisser cette identité du ‘gars d’à côté’ derrière lui?

"Eh bien, le rôle qui m’a fait connaître était Boy George, qui est difficilement votre gars d’à côté" rigole-t-il. Il fait référence à ‘Worried About The Boy’ un téléfilm de 2010 basé sur la jeunesse de George O’Dowd, le fameux chanteur androgyne, leader du groupe de synth pop Culture Club. "Peut-être excité est un meilleur mot que soulagé" poursuit-il après un moment de réflexion. "Regarder, la manière dont je vois est la suivante: j’ai eu la chance de travailler avec des réalisateurs fantastiques, j’ai fait quelques films qui ont marchés/fonctionné et d’autres non et j’ai passé un bon moment tout au long de ce chemin. C’est comme si j’avais passé ces cinq dernières annéées je posais les bases/fondations pour le future. Et le future… eh bien, il me semble passionnant."

Les personnages réels qui dominent son avenir immédiat en tant qu’acteur, avec un rôle phare, le comédien de vaudeville Dan Leno dans ‘The Limehouse Golem’. A la simple mention de son dernier film, Booth attrape immédiatement son téléphone et commence à passer en revu ses photos. "Ici" dit-il en poussant le téléphone sur la table. "Vous pouvez à peine me reconnaître!" Il a raison: le personnage regarde dans le vide sur l’écran, les yeux vitreux et vacants comme ceux d’une poupée de porcelaine, des cheveux décharnés avec de la pommade et se séparant nettement au milieu, vêtu de débraillé, une queue mal ajustée et cravate, ce qui n’a rien à voir avec la belle créature connue en tant que Douglas Booth. "C’est une photo faite sur plaque humide d’argent" dit-il comme pour justifier pourquoi il ne semble pas du tout aussi ridiculement beau que d’habitude."La même méthode qu’ils utilisaient à la fin du 19ème siècle".

Plus loin, se trouvent quelques photos qui ressemblent à des œuvres d’art perdus mais qui sont en fait des stills [NDT: photo du film] de ‘Loving Vincent’, dans lequel il joue Armand Roulin, un sujet artistique favori de Vincent Van Gogh. Le film est composé de 60.000 peintures à l’huile et prétend être la première animation entièrement peinte à la main. Puis il y a son prochain rôle, Percy Shelley, dans ‘A Storm In The Stars’ où il joue face à la talentueuse et remarquablement prolifique Elle Fanning. "Elle a 18 ans et a déjà joué dans 48 films" dit Booth. (Nous avons vérifiez sur IMDb plus tard, c’est en fait 49).

Avec tout cela, on pourrait penser, que ce serait plus que suffisant pour le tenir occupé, mais ce n’est pas sans le fait que Booth semble vouloir se définir comme plus qu’un simple acteur. Et nous arrivons à son sens des responsabilités sociales, qui se manifeste le plus clairement par son travail pour l’Agence des Réfugiés des Nations Unis, mais c’est aussi apparent dans sa vie en générale, aussi. Il est devenu pescatarian il y a quelques années avec une ex petite-amie et espère devenir végétarien et éventuellement végan, en citant les effets environnementaux d’un régime alimentaire à base de viande. "Il n’y a tout simplement pas assez de terres pour cultiver la nourriture nécessaire aux animaux que nous mangeons, et les gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère par l’élevage bovin sont tout simplement énormes" dit-il, dans une tirade passionnée qui arrête heureusement un courte prédication. "J’admets que vous ne réussirez jamais à changer les habitudes des gens qui ont grandi de cette façon – mais peut-être que si nous élevons nos enfants d’une manière différente, nous pourrions commencer à effectuer un changement".

Une des plus belles choses que vous pouvez dire sur une célébrité est qu’ils sont capable de mettre leur notoriété pour le bien commun sans afficher une once de moralisme ou d’auto-justice hautaine. Booth est quelqu’un à qui cette description s’applique. "Je ne suis pas spécial" dit-il, quand on lui demande si la célébrité lui fait sentir un plus grand sens des responsabilités pour le monde autour de lui. "Je ne suis pas plus responsable que quiconque de ce qui se passe dans le monde. Tout ce que j’ai est une plate-forme. Si je peux l’utiliser pour ouvrir les yeux de quelques personnes et promouvoir un peu de compassion, alors c’est une bonne chose, je suppose. D’ailleurs" , il ajoute, "ce n’est pas comme si je trouvais ça difficile. Ce genre de chose m’intéresse vraiment. Saviez-vous que ma chaîne préférée est BBC News 24?" (Non, mais ce n’est pas vraiment une surprise).

Ainsi, donc, Booth: un éloquent, ancré, pescatarien soucieux de l’environnement, et un observateur passionné des informations télévisées. L’étude du personnage complète, il est temps pour lui de prendre sa dernière gorgée de thé et de regarder au loin le pêle-mêle des toits de Soho, qui vont au loin fusionner quelque part avec le reste de la ville. Une montagne de costume fait signe, et à partir de là, il est à l’aéroport de Florence pour jouer ce mauvais garçon, dans une séance photo dans le style de Thomas Crown que nous avons planifié pour lui. Bien que nous vous conseillons de prendre les résultats avec une pincée de sel. Comme nous l’avons déjà mentionné, Booth n’est pas du tout comme ça; c’est en fait plutôt un bon gars.